OEWG, jour 8: des négociations en 2017?

OEWG_ban_ICANL’OEWG débouchera-t-il sur une ouverture des négociations d’un traité d’interdiction des armes nucléaires en 2017 ? La huitième et dernière journée de cette session du groupe de travail a été consacrée au résumé préliminaire du Président et aux prochaines étapes en préparation de la prochaine session.  Rendez-vous en août pour le document final avant l’Assemblée générale de l’ONU.

 

Le résumé du Président

  • Le Président du groupe de travail a présenté son résumé factuel préliminaire des discussions. Une première proposition du rapport final sera présentée fin juillet/début août.
  • Le groupe de travail se réunira à nouveau les 5, 16, 17 et 19 août 2016 à Genève. Par ailleurs, des réunions informelles auront lieu du 8 au 19 août pour préparer le rapport factuel qui reflétera les différentes idées et propositions. Le Président fera de son mieux pour parvenir à un accord général.
  • L’Australie attend un rapport crédible et équilibré.
  • Le Japon a souligné que les recommandations devraient être soumises à l’accord et se référer aux pratiques établies dans les forums de désarmement à cet égard.
  • Le Japon a également souligné ses efforts pour contribuer aux discussions de façon constructive en se basant sur l’approche « progressive ».
  • La Suisse pense que le rapport ne devrait pas craindre les différences de temps et de modalités pour une interdiction.
  • Le Mexique était préoccupé que certaines délégations commençaient à conditionner ce qu’elles considèrent comme un rapport « équitable ». Dans ce contexte, il est malhonnête de la part de certaines délégations de dire qu’il n’y a pas de convergence sur ces sujets puis de demander un consensus sur les recommandations.
  • La Malaisie a également peur qu’en plaçant des attentes et des exigences sur le rapport, certains États préparent le terrain pour préjuger son contenu et remettre en cause l’opinion de la majorité. Alors que le rapport du Président devrait être équitable et équilibré, et ainsi refléter la demande majoritaire pour un traité d’interdiction.
  • La Belgique s’attend à ce que les différentes opinions sur un traité d’interdiction rendent difficile un accord sur les recommandations pour aller de l’avant.
  • La Jamaïque ne voit aucune raison pour laquelle les États ne pourraient pas entamer des négociations pour un instrument d’interdiction et estime que le rapport devrait recommander que les négociations démarrent en 2017.
  • Le Brésil et l’Indonésie ont souligné que le rapport doit contenir la reconnaissance sans équivoque de la nécessité de commencer les négociations d’un instrument juridiquement contraignant pour interdire les armes nucléaires.
  • La Nouvelle-Zélande a soutenu les propos du Brésil et de la Jamaïque sur la nécessité de ne pas empêcher une majorité indéniable à poursuivre un processus de négociation dès maintenant et a déclaré que le résumé et les recommandations du Président ne devaient pas refléter les plus petits dénominateurs communs.

Aller de l’avant

  • Palau a souligné que les armes nucléaires devaient être interdites même s’il existe des divergences d’opinion sur l’urgence pour le faire. Ils ont souligné qu’il existait désormais une masse critique qui soutenait le lancement des négociations pour un traité d’interdiction.
  • Le Guatemala, le Salvador, la République dominicaine, le Panama, la Jamaïque, le Brésil, la Malaisie et l’Indonésie ont déclaré que le moment était venu pour un processus de négociation multilatéral pour un instrument juridiquement contraignant interdisant les armes nucléaires.
  • L’Afrique du Sud a souligné la position africaine commune en faveur de négociations pour un traité d’interdiction des armes nucléaires.
  • Les Pays Non Alignés ont lancé un avertissement contre une simple répétition de étapes du passé et a appelé à de nouveaux progrès grâce à l’interdiction des armes nucléaires.
  • La Jamaïque et l’Irlande ont mis en avant l’importance de la participation des femmes et des discussions sur le genre et le désarmement.
  • La Jamaïque a déclaré que les approches sexospécifiques sont indispensables car les masculinités violentes et militarisées portent atteinte à notre poursuite de la paix et de la justice.
  • La Jamaïque a ensuite souligné qu’un traité d’interdiction des armes nucléaires est la prochaine étape logique vers le désarmement nucléaire, et contribuera par la suite à d’autres mesures sur le désarmement nucléaire.
  • L’Autriche a rappelé que la majorité des États souhaitent démarrer des négociations pour un traité d’interdiction des armes nucléaires dès maintenant. Et bien qu’il existe des divergences d’opinion sur les temporalités, dans le fond tout le monde souhaite une interdiction des armes nucléaires à un moment donné.
  • Le Brésil a expliqué qu’il était temps pour les États non nucléaires de diriger et d’inverser l’approche des « building-block ». Si d’autres États souhaitent se joindre au traité d’interdiction plus tard, ils seront libres de le faire mais ils ne peuvent pas empêcher les autres de le négocier dès maintenant.
  • La République Démocratique du Congo a appelé à une interdiction claire quelque soit le futur instrument et a exprimé son soutien à la proposition pour commencer des négociations sur un tel instrument en 2017.
  • Wildfire a appelé les États s’opposant à un traité d’interdiction à dialoguer honnêtement avec leurs citoyens et les autres États.
  • ICAN se tient prêt à assister les États pour avancer vers un traité d’interdiction.

Ce texte est une traduction des « News in Brief » de Reaching Critical Will initialement publiées en anglais. Ce résumé des déclarations n’est pas exhaustif, il met en évidence les positions sur quelques questions cruciales abordées au cours des discussions plénières.

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