G7 : la France à Hiroshima

G7_CCHirotsugu_MoriPour la première fois, un ministre des Affaires étrangères français se rend à Hiroshima, théâtre d’un des actes les plus odieux de la Seconde Guerre mondiale, la première utilisation de la bombe atomique sur une ville. Un symbole fort et émouvant. Sauf que l’attitude de la France face aux actions internationales en matière de désarmement nucléaire laisse un goût amer !

 

Le Japon a décidé que la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 se tiendrait à Hiroshima ces 10 et 11 avril. L’objectif est de faire prendre conscience à ces dirigeants politiques du drame du 6 août 1945 où plus de 80 000 hommes, femmes et enfants furent littéralement effacés par une seule bombe atomique, sans oublier les conséquences pour de nombreuses victimes et leurs descendances qui perdurent aujourd’hui encore. Nous saluons cette initiative, ainsi que la présence de notre diplomatie.

Il est regrettable que la déclaration adoptée par ces ministres ne mentionne pas explicitement les conséquences humanitaires catastrophiques des armes nucléaires en cas de détonation accidentelle, terroriste ou à dessin. Bien que les termes d’armes de « non-emploi » ou de « dissuasion » servent à prétendre que ces armes ne sont pas destinées à être employées, le Président Hollande a bien évoqué dans son discours d’Istres cet emploi en utilisant un « avertissement de nature nucléaire ».

Comme le souligne Alexia Berny de Maires pour la Paix France (AFCDRP) et membre de ICAN : « nos armes nucléaires visent toujours des populations civiles qui vivent dans des centres de pouvoir politique, économique, voire militaire, c’est-à-dire des villes ! ».

ICAN France dénonce par ailleurs l’absence de bonne foi dans la politique de désarmement nucléaire menée par la France et notamment ses absences volontaires aux actuels travaux diplomatiques qui se déroulent à l’ONU pour faire avancer les négociations multilatérales sur le désarmement nucléaire. Comme l’ont souligné de nombreux parlementaires (EELV, PS, PC) en s’adressant au ministre Ayrault : « Quel risque la France peut-elle prendre à participer à ce groupe de travail qui permettrait de faire avancer les négociations multilatérales sur le désarmement nucléaire ? »

Les armes nucléaires sont les seules armes de destruction massive à ne pas être encore interdites par un traité. Il est regrettable que la France ne profite pas de ce déplacement pour faire un pas vers le désarmement nucléaire, comme ses engagements lui en incombent. ICAN France, engagée dans une campagne internationale, demande une nouvelle fois que la France s’implique dans la dynamique internationale  pour un monde sans armes nucléaires.

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