L’horloge de l’apocalypse

Plus que deux minutes et trente secondes avant minuit.Clock

Le Bulletin of Atomic Scientists a été créé en 1945 par des scientifiques, ingénieurs et experts ayant participé à la mise au point de la première bombe atomique au sein du projet Manhattan. En 1947, les rédacteurs de cette revue ont défini l’horloge de l’apocalypse (Doomsday Clock), une horloge symbolique sur laquelle minuit représentela fin du monde. Depuis, chaque année, un groupe d’experts (comprenant 15 prix Nobel) ajuste les aiguilles de cette horloge en fonction de l’évolution des menaces existentielles que constituent pour l’humanité les armes nucléaires, le changement climatique et les évolutions technologiques.

Cette année 2017, la décision a été prise d’avancer les aiguilles de trente secondes, à tout juste deux minutes et trente secondes avant minuit. L’horloge n’a jamais été aussi proche de l’heure fatidique depuis 1953, année où les États-Unis et l’URSS ont testé les premières bombes H.

Pour justifier leur choix, les scientifiques citent notamment « une situation nucléaire dangereuse sur plusieurs fronts  » :

  • les tensions entre la Russie et les pays membres de l’Otan, et entre l’Inde et le Pakistan;
  • les efforts de la Corée du Nord pour développer un armement nucléaire;
  • les programmes de modernisation de tous les États possédant des armes nucléaires ;
  • le manque d’avancées en matière de désarmement.

Les candidats à la présidentielle — et plus généralement les parlementaires en charge de ces sujets — devraient se sentir directement visés par ces deux derniers points. La France poursuit en effet la modernisation de son arsenal nucléaire, et s’oppose dans le même temps au processus de négociation d’un traité d’interdiction des armes nucléaires qui se tiendra en mars et juin 2017 à New York à l’ONU. Malheureusement, au vu de leurs premières déclarations, aucun des candidats (hormis Yannick Jadot de EELV) ne semble être prêt à remettre en cause cette politique de défense et promouvoir le désarmement et la lutte contre la prolifération nucléaire.

Comme le concluent les scientifiques du Bulletin of Atomic Scientist, il revient donc aux « citoyens du monde entier d’exiger de leurs dirigeants qu’ils prennent les dispositions qui s’imposent pour faire rapidement diminuer ces risques ». ICAN France interpellera donc les candidats aux élections présidentielle et législatives pour qu’ils s’engagent « à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire » comme la France s’y est engagée en signant le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.

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