COMMUNIQUÉ : Augmentation du budget militaire : hausse pour les armes nucléaires et confiscation du débat démocratique

Derrière l’annonce de 36 milliards d’euros supplémentaires sur la période 2026-2030, se cache une nouvelle hausse des dépenses consacrées à la dissuasion nucléaire et, plus inquiétant encore, un véritable contournement du débat démocratique. Il devient une fâcheuse habitude pour certains médias de limiter leur information à reprendre sans questionner les éléments de langage savamment distillés par le ministère des Armées.

Le budget de la dissuasion explose : il est frappant de constater à quel point la ministre Vautrin semble hésiter à évoquer clairement l’augmentation du coût de la dissuasion nucléaire, alors même que le chef de l’État a récemment exprimé sa fierté à l’égard de ces armes de destruction massive.

À l’instar de son prédécesseur, Sébastien Lecornu, elle reste dans le flou et privilégie une communication en pourcentage : « Cet effort ne modifiera pas la part de la dissuasion dans la mission Défense, qui reste proche de 13 %. » Or, c’est précisément pour éviter ce type de présentation partielle que nous avions, dès 2023, proposé aux parlementaires des amendements en faveur d’une plus grande transparence financière indispensable pour que les parlementaires puissent remplir leur rôle.

Concrètement, sur un montant initial de 413 milliards € prévu en 2023, 13 % représentaient 53,69 milliards € consacrés à la dissuasion. Tout en sachant que certaines dépenses indispensables à la dissuasion nucléaire sont comptabilisées sur d’autres postes budgétaires.

  • Désormais, si ce pourcentage reste inchangé, l’enveloppe globale, atteignant 436 milliards € cela porterait le budget total de la dissuasion au minimum à 56,68 milliards €, soit une hausse de 3 milliards €.
  • Est-ce le prix des nouvelles ogives nucléaires annoncées par le président ?
  • Nous remarquons par ailleurs, qu’en l’espace de deux ans seulement, le budget de l’aide publique au développement a lui diminué de plus de 2 milliards €….

Démocratie : la moindre des choses serait d’avoir un réel débat face à l’annonce d’une dépense publique globale de 280 milliards € entre 2027 et 2030. Or, sous cette présidence, la pratique politique est en complet décalage avec ce que l’on peut attendre d’un fonctionnement démocratique : 

  • Les députés doivent déposer leurs amendement d’ici samedi 11 avril après avoir reçu officiellement le texte seulement le 8 avril ;
  • Pas de cycle de débats, mais de simples auditions ;
  • Et tout doit être bouclé le 13 juillet pour que le Président puisse, à la veille de parader sur l’avenue des Champs-Élysées, annoncer le vote de sa loi !

Nous appelons une nouvelle fois les parlementaires à exercer pleinement le mandat pour lequel ils ont été élus, conformément à l’article 24 de la Constitution : « Le Parlement vote la loi. Il contrôle l’action du Gouvernement. »

Ils doivent dépasser la simple expression de protestation, comme cela a été le cas, ce 8 avril, pour de nombreux présidents de groupe lors de l’audition de la ministre Vautrin.

Nous les appelons à aller plus loin, en refusant de voter ce budget dans sa globalité. À neuf mois d’un changement de présidence, il est nécessaire de prendre un temps de réflexion approfondi sur la réalité des trous capacitaires, sur quels nouveaux besoins militaires, mais aussi sur quel respect des engagements internationaux que la France a contracté.

À cet égard, le respect du Traité de non-prolifération nucléaire — dans la lettre comme dans son esprit — doit rester une ligne directrice : il s’agit de le renforcer, et non de contribuer à son affaiblissement en poursuivant une politique de promotion de l’arme nucléaire.

Lire le communiqué de presse, 10 avril 2026

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