La 11e Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, qui se déroule au siège des Nations unies à New York, s’achèvera dans quelques heures ce 22 mai et le goût est déjà amer. Loin des ambitions affichées en ouverture de conférence, à l’image de la déclaration du ministre Jean-Noël Barrot affirmant que « la France ne laissera pas cet édifice vaciller », le document final apparaît comme un texte extrêmement minimaliste, largement vidé de sa substance humanitaire et juridique et surtout de toute perspective de réduction de la menace nucléaire.
Une évolution qui satisfait les États dotés d’armes nucléaires et leurs alliés qui, malgré leurs rivalités géopolitiques demeurent unis lorsqu’il s’agit de préserver leurs arsenaux nucléaires et les doctrines de dissuasion qui les accompagnent. Mais paradoxalement, malgré la faiblesse politique de ce document, rien ne garantit encore son adoption par consensus. Réponse dans quelques heures.
Dans ce contexte, nous constatons :
- Ces 4 semaines de négociations réaffirment que la majorité des États du monde rejette les armes nucléaires et souhaite voir des actions urgentes engagées en faveur de leur élimination ;
- Dans leur immense majorité, les États ont insisté sur la prise en compte des conséquences humanitaires de tout emploi volontaire ou non d’armes nucléaires. Les États dotés d’armes nucléaires, ainsi que certains de leurs alliés, refusent eux de reconnaître ces conséquences, car cela affaiblirait la légitimité politique de leurs arsenaux nucléaires ;
- Les États-Unis remettent en question l’existence même de la norme contre les explosions nucléaires, ce qui constitue une remise en cause préoccupante du droit international et peut également être perçu comme un possible prétexte à une reprise des explosions nucléaires ;
- Les États dotés d’armes nucléaires ont mis un terme a toute action de transparence à l’image de la France, ce qui augmente les suspicions et alimente la défiance entre les États, favorisant une course aux armements ;
- Les États dotés d’armes nucléaires et leurs alliés refusent toujours de reconnaître que les dispositifs de partage nucléaire et de dissuasion élargie remettent profondément en cause l’esprit du TNP, voire, pour certains États, contreviennent directement à certaines de ses dispositions. Et ce alors que la majorité des États ont exprimé leurs préoccupations concernant ces alliances
- La majorité des États membres du TNP ont signé ou ratifié le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN). Le TIAN complète le TNP. Pourtant, les États dotés d’armes nucléaires, — notamment la France — se sont opposés fermement à l’inclusion, dans le document final, de la moindre référence factuelle à ce traité international. Mais, ils ont perdu cette bataille !
Pour aller plus loin dans l’analyse de cet échec, retrouvez notre note ‘information : « 11e Conférence d’examen du TNP, l’hypocrisie des puissances nucléaire » publiée le 22 mai 2026.
Lire le communiqué de presse, 22 mai 2026, 13h.


