Comme nous le redoutions dans l’alerte presse adressée en début de journée ce 22 mai, la 11e Conférence d’examen du TNP s’est finalement achevée sur un échec, les États n’étant pas parvenus à trouver un consensus sur un document final.
Ce vendredi 22 mai, au siège des Nations unies la journée avait pourtant commencé avec l’espoir fragile qu’un compromis de dernière minute puisse encore émerger. Mais après plusieurs suspensions de séance, le président de la conférence, l’ambassadeur vietnamien Do Hung Viet, a finalement annoncé à 17h15 : « Je comprends que la conférence n’est pas en mesure de parvenir à un accord sur son travail de fond. »
Un troisième échec successif !
Pour la première fois depuis l’entrée en vigueur du TNP en 1970, nous assistons ainsi à un troisième échec consécutif (2015, 2022, 2026). Une séquence inédite qui ouvre une phase extrêmement critique pour l’avenir du traité et, plus largement, pour la sécurité internationale.
Cet échec résulte principalement de l’intransigeance des cinq États dotés de l’arme nucléaire, qui ont refusé tout engagement concret supplémentaire en matière de désarmement nucléaire. Tout au long des négociations, les discussions se sont heurtées à leur opposition dès lors qu’étaient évoquées les conséquences humanitaires des armes nucléaires, les normes contre les explosions nucléaires ou encore toute avancée tangible vers la mise en œuvre de l’article VI du TNP.
« Une fois encore, les États dotés, démocratiques ou non, auront surtout agi pour protéger et perpétuer leurs arsenaux nucléaires plutôt que pour respecter leurs engagements de désarmement », indique Jean-Marie Collin, directeur de ICAN France.
La responsabilité particulière des puissances nucléaires :
Toutes les puissances nucléaires (États-Unis, Russie, Royaume-Uni, France, Chine) portent une responsabilité dans cet échec particulièrement grave.
Pour la France un État qui ne cesse de se présenter comme une puissance nucléaire « responsable », l’attitude observée tout au long du mois aura été révélatrice : refus de dialoguer avec la société civile, y compris avec notre campagne ICAN, abandon de toute dynamique de transparence et promotion d’une « dissuasion avancée » auprès d’États européens. Une orientation qui participe à une forme de prolifération politique et morale contraire à l’esprit même du TNP.
Plus inquiétant encore, Paris aura poussé au retrait de certaines références pourtant jugées essentielles par une majorité d’États, notamment concernant les conséquences humanitaires catastrophiques des armes nucléaires et l’urgence d’agir pour prévenir une guerre nucléaire.
Malgré l’échec du TNP, la contestation de la dissuasion progresse :
Au milieu de cet échec diplomatique, certains éléments positifs doivent toutefois être soulignés. L’écrasante majorité des États :
- rejette les armes nucléaires et continue d’appeler à des mesures urgentes en faveur de leur élimination;
- souhaite poursuivre le travail visant à replacer au centre du débat les conséquences humanitaires catastrophiques de ces armes ;
- affirme que la dissuasion nucléaire n’est pas une garantie de sécurité, mais une théorie fondée sur des hypothèses dont les effets et l’efficacité restent entachés de risques et d’incertitudes.
Ce dernier point est directement lié à l’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), dont la première conférence d’examen se tiendra en décembre 2026 au siège des Nations unies.
Pour aller plus loin dans l’analyse de cet échec, retrouvez notre note ‘information : « 11e Conférence d’examen du TNP, l’hypocrisie des puissances nucléaire » publiée le 22 mai 2026.
Lire le communiqué de presse, 22 mai 2026, 22h.


