Dépenses mondiales pour les armes nucléaires en 2020

Alors que nous venons de traverser une pandémie majeure en 2020, les neufs États possédant des arsenaux nucléaires ont choisi d’investir plus de 60 milliards € dans leurs arsenaux. Côté français, ce sont officiellement 4,7 mds € qui ont été dépensés – un chiffre en augmentation constante depuis une dizaine d’années – et la facture à venir s’annonce encore plus lourde !

Selon les auteurs du rapport « Complicit : 2020 Global Nuclear Weapons Spending », publié par ICAN, ce sont plus de 60 mds € qui ont été dépensés pour les arsenaux nucléaires en 2020, ce qui équivaut à plus de 113 043 € par minute. Ce rapport liste également certaines des entreprises (Safran, Airbus, Boeing…) qui fabriquent des systèmes d’armes nucléaires et des centres de recherche (IFRI, FRS, Brooking institution…) qui animent des réseaux en faveur de la dissuasion nucléaire. Ces différents acteurs tirent, eux aussi, de nets profits financiers de leur participation à la course aux armements.

En 2020, la France a ainsi dépensé plus de 8 969 € par minute pour son arsenal nucléaire, soit 500 € de plus que sur l’année 2019. C’est autant d’argent qui n’a pas été consacré à la santé ou à l’éducation de ses citoyens. Le budget officiel est annoncé à 4,7 mds € pour l’année 2020. Ce montant ne contient pas les salaires des personnels militaires. Certains coûts additionnels ne sont pas, non plus, pris en compte, tels ceux associés au Rafale ou à la gestion des déchets nucléaires militaires. Et la facture va continuer de s’alourdir, entre 2021 et 2025, puisque la France consacrera, selon la Loi de programmation militaire (LPM), la somme de 27,85 milliards d’euros.

Il est regrettable que ne se déroule pas un véritable débat sur la révision de la Loi de programmation militaire (LPM), comme la loi le prévoyait. Cela aurait permis aux parlementaires de s’assurer du bon usage des fonds publics et de prendre en compte l’évolution de la situation internationale. L’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires le 22 janvier 2021 aurait dû ainsi créer une réflexion de fond sur l’utilité de poursuivre une dépense budgétaire pour des armes interdites au regard du droit international !

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