DÉPENSES MONDIALES SUR LES ARMES NUCLÉAIRES EN 2019

La Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires vient de publier une étude qui estime, pour 2019, que les dépenses des neuf Etats disposant d’armes nucléaires sont de 72,9 milliards de dollars, pour un arsenal nucléaire composé de plus de 13 000 armes. Cela représente une dépense par minute de 138 699 dollars ! Des dépenses qui ont augmenté entre 2018 et 2019 de 7 milliards de dollars.

 

 

 

 

 

 

Les estimations (en dollars) réalisées, dans le rapport “Enough is Enough: Global Nuclear Weapons spending in 2020, comprennent les coûts de fonctionnement et de développement des armes nucléaires ainsi que des vecteurs (sous-marins, bombardiers, missiles basés à terre) à capacité nucléaire.

  • Etats-Unis, 35,4 milliards $, soit 67 352 $ par minute.
  • Chine, 10,4 milliards $, soit 19 786 $ par minute.
  • Royaume-Uni, 8,9 milliards $, soit 16  933 $ par minute.
  • Russie, 8,5 milliards $, soit 16 172 $ par minute. 
  • France, 4,8 milliards $, soit 9 132 $ par minute. En Euro cela représente pour 2019 une dépense de 4,45 Mds , soit 8 466  par minute.
  • Inde, 2,3 milliards $, soit 4 376 $ par minute.
  • Israël, 1 milliard $, soit 1 903 $ par minute.
  • Pakistan, 1 milliard $, soit 1 903 $ par minute.
  • Corée du nord, 0,6 milliard $, soit 1 180 $ par minute.

En raison du manque d’informations et de transparence, ces estimations n’incluent pas les coûts liés à l’indemnisation des victimes de l’utilisation (Hiroshima et Nagasaki) et des essais d’armes nucléaires, ainsi que des coûts liés à l’assainissement de l’environnement contaminé (sites d’essais).

ICAN France, en plus des informations apportés par ce rapport, tient à souligner que les dépenses budgétaires liées aux armes nucléaires doivent continuer d’augmenter très largement ces prochaines années (déjà 4,73 Mds € en 2020, probablement 5,1 Mds € pour 2021) pour atteindre la somme de 6 milliards € par an à partir de 2024. Si ce chiffre se confirmait, alors les français dépenseraient non plus 8 466 € par minute, mais 11 415 € pour assurer la continuité de la politique de dissuasion nucléaire.

Des sommes qui mériteraient d’être, entre-autres, utilisées sur la promotion de l’éducation au désarmement nucléaire, sur le désarmement (et donc la non-prolifération aussi), la réhabilitation de l’environnement, la justice (droit international humanitaire, droit des générations futures, droit  de l’environnement, …). Des thématiques qui font pleinement partie du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.

En 2011 l’organisation « Global Zero » avait réalisé une étude sur le coût des armes nucléaires et avait alors inclut : 

  • D’une part  la recherche, le développement, les essais, l’exploitation, la maintenance, la mise à niveau de l’arsenal nucléaire (armes et vecteurs) et des sites de contrôle, de commandement, de communications et des infrastructures d’alerte.
  • Et d’autre part les coûts liés à l’environnement, à la santé, à la défense antimissile affectée à la défense contre les armes nucléaires, à la lutte contre la menace nucléaire et à la gestion des incidents. Une seconde tranche budgétaire qui représente 50 % du seul coût lié à la maintenance et au développement des systèmes d’armes nucléaires….

ICAN demande instamment à tous les États disposant d’armes nucléaires d’être plus transparent sur les dépenses liées aux armes nucléaires, afin de permettre un compte rendu précis des dépenses nucléaires mondiales.

ICAN France insiste sur le fait qu’il n’existe pas actuellement de transparence budgétaire sur la politique de dissuasion nucléaire. Certes des documents parlementaires sont publiés, mais les chiffres donnés sont sciemment opaques rendant difficile, voir impossible un chiffrage exacte de cette politique. De plus au détour d’audition (Général Bruno Maigret, commandant des forces aériennes stratégiques, juin 2019), nous apprenons que certaines dépenses ne sont pas comptabilisées comme liées aux armes nucléaires, mais comme appartenant au fonctionnement général…

Nous sommes donc toujours dans cette vérité avouée (en 1973) de l’ancien ministre des Armées du général de Gaulle Pierre Messmer : « Il y a des secrets militaires qui se traduisent par des silences budgétaires. Vous ne trouverez nulle part dans le budget militaire la possibilité de calculer exactement notre armement atomique. C’est très volontairement que nous l’avons fait »

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