Lettre d’information parlementaire sur la non prolifération et le désarmement nucléaire

LETTRE PARLEMENTAIRE N°4 – OCTOBRE

Lors de son intervention le 24 septembre en ouver- ture de la 74e session de l’Assemblée générale de l’ONU, Emmanuel Macron a lancé un appel au « retour du courage, sur deux sujets déjà, simplement, pour commencer : le courage de savoir bâtir la paix et le courage de la responsabilité » face aux crises contemporaines, avec l’Iran dans son viseur. Nous partageons la volonté du Président de relancer le processus de négociation dans une zone où le risque d’un engrenage débouchant sur une « guerre totale » au Moyen-Orient — aux conséquences catastrophiques pour les populations — ne peut être exclu.

Mais, parmi les questions posées par le programme nucléaire iranien, il y un absent de taille sur la table des négociations : l’arsenal nucléaire d’Israël qui n’a jamais fait l’objet d’aucune sanction internationale. Or, « la possession d’armes nucléaires doit être autorisée pour tous ou interdite à tous », comme l’a revendiqué le président turc Erdogan à cette même tribune des Nations Unies quelques heures après l’intervention d’Emmanuel Macron, soulignant ainsi le deux poids deux mesures.

La « pleine certitude que l’Iran ne se dote jamais de l’arme nucléaire », souhaitée par le président Macron, ne pourra être obtenue qu’avec la création d’une « zone sans armes nucléaires au Moyen- Orient » comme l’ONU et les conférences du TNP en ont maintes fois débattu depuis les années 1970… Projet toujours bloqué principalement par… Israël et les États-Unis. Que la France, avec notamment l’appui de l’Union européenne et de l’ONU, convoque une conférence pour la dénucléarisation du Moyen-Orient, ne serait- ce pas la meilleure preuve du « retour du courage » ?

A lire ici dans ce numéro

  • Actions pour la ratification du Traité d’interdictionLes (mé)comptes de la bombe
  • Les (mé)comptes de la Bombe !
  • La dissuasion nucléaire en bref…
    • Le Budget des FAS
    • Les Français et la bombe, cette grande inconnue !
  • Questions écrite : éthique et dissuasion nucléaire
  • Ouvrir les auditions sur la dissuasion aux ONG

LETTRE PARLEMENTAIRE N°3 – JUIN

Partisans et opposants à l’arme nucléaire s’accordent sur une chose : une guerre nucléaire serait catastrophique et il faut à tout prix l’éviter. Car aucun des adversaires ne peut s’attendre à un bénéfice et le dommage causé à chacun sera toujours inacceptable. « La dissuasion, c’est une guerre qui n’a pas encore eu lieu » rappelle le philosophe Jean-Pierre Dupuy. La catastrophe nucléaire est certaine, seule son échéance est indéterminée. La stratégie de la dissuasion n’est, in fine, qu’un habillage tactique pour retarder le plus longtemps possible cette catastrophe. Le paradoxe estau cœur de la dissuasion nucléaire, cette stratégie n’est rationnelle, que tant qu’elle repose sur une menace, dont la mise à exécution serait le comble de l’irrationalité. Rien que cet argument devrait conclure de fait à l’inefficacité de la dissuasion et au rejet des armes nucléaires. Ce qui n’est pas le cas. La session du TNP (voir p. 2 de la Lettre) le souligne une fois de plus. Pour les tenants de la dissuasion, ce que nous pouvons faire de mieux, c’est de retarder indéfiniment la catastrophe annoncée ! Or, une autre voie existe, c’est justement celle empruntée par l’ONU avec la mise en place des normes d’interdiction et des outils pour les appliquer et les faire respecter. Tel est bien l’objet du traité d’interdiction des armes nucléaires adopté le 7 juillet 2017. Un traité auquel la France devrait participer pour renforcer la sécurité des Français tout en renforçant celle des autres pays.

 

A Lire ici dans ce numéro :

  • Actions pour la ratification du traité d’interdiction des armes nucléaires
  • Actions pour la non-prolifération et le désarmement nucléaires
  • Analyse : Le sombre futur de la conférence d’Examen du TNP
  • Réflexion : Quelle responsabilité des parlementaires ?
  • La dissuasion nucléaire en bref.
  • Suggestions d’initiatives
  • la présentation de l’ouvrage « Repenser les stratégies nucléaires. Continuités et ruptures ».

LETTRE PARLEMENTAIRE N°2MARS

Alors que des voix se sont élevées pour que la force nucléaire française serve de « parapluie nucléaire » pour l’ensemble du territoire de l’Union européenne (voir p. 3), nous invitons fortement les membres de la nouvelle Assemblée parlementaire franco-allemande à inscrire à l’ordre du jour de sa prochaine session, la question « nucléaire » hors des enjeux partisans et des sentiers battus. L’Assemblée parlementaire franco-allemande a tenu sa première session inaugurale le 25 mars dernier. Parmi ses missions, figurent celle d’assurer le suivi des affaires internationales et européennes présentant un intérêt commun (y compris la politique étrangère, de sécurité et de défense européenne commune) ; ainsi que celle de formuler des propositions sur toutes questions intéressant les relations franco-allemandes.  Dans ce cadre, il serait tout à fait opportun et nécessaire que les 100 députés — 50 allemands et 50 français — engagent ce débat sur quelle sécurité en Europe et avec quels outils ? Un débat ouvert à l’ensemble des acteurs notamment de la société civile. Un débat qui prend toute son importance alors que l’Allemagne s’engage dans la construction du successeur du Rafale, l’avion de combat porteur de l’arme nucléaire.

A Lire dans ce numéro :

  • Actions pour la ratification du traité d’interdiction des armes nucléaires
  • Actions pour la non-prolifération et le désarmement nucléaires
  • Action : La Francophonie s’engage en faveur du désarmement et de la non-prolifération nucléaires
  • Analyse : Le droit international humanitaire et les armes nucléaires
  • Appel auprès de la communauté  des scientifiques
  • Suggestion d’initiatives :
    • Audition sur  « Le TIAN et la défense européenne »
    • Question : sur les pressions diplomatiques exercées par la France

LETTRE PARLEMENTAIRE N°1JANVIER

Alors que le gouvernement vient de lancer une grande consultation nationale, nous regrettons que l’organisation de la défense avec la dissuasion nucléaire ne figure pas au débat. Car elles sont également au cœur des « grandes questions de notre avenir ».  D’ailleurs, pour chacun des thèmes soumis au débat par le président Macron dans sa lettre de cadrage — montant des impôts et dépenses publiques, organisation de l’État, transition écologique et exercice de la démocratie et citoyenneté — les implications avec le maintien de l’arsenal nucléaire sont importantes…

  • Augmentation de 60 % des dépenses pour l’arme nucléaire votée dans la Loi de programmation militaire 2019-2025 pour assurer la modernisation et le renouvellement de tout l’arsenal…
  • Vouloir que « les espérances dominent les peurs », comme nous invite le Président dans la lettre, implique de ne plus menacer avec une force nucléaire — dissuasion —, mais de développer une véritable coopération internationale solidaire…
  • Confiscation d’une large part des crédits pour la recherche en faveur de l’armée au détriment de solutions innovantes pour la transition écologique…

 

Nous avons un choix à faire au regard de l’histoire : rester passifs et conserver une politique basée sur le risque de destruction ou respecter la nouvelle norme internationale constituée par le traité sur l’interdiction des armes nucléaires. Un choix qui nous concerne tous.

A lire ici dans ce numéro :

  • Actions pour la ratification du traité d’interdiction des armes nucléaires
  • La dissuasion nucléaire en bref…
  • La diplomatie parlementaire au service du désarmement
  • Appel des villes en faveur du Traité d’interdiction des armes nucléaires
  • Pour sauver le TNP, les puissances nucléaires doivent agir !
  • Suggestion d’initiatives :
    • La France, l’Allemagne et la bombe
    • Engagement parlementaire pour le Traité d’interdiction des armes nucléaires

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