PrepCom 2014 : Jour 5

Par Dominique Lalanne, Armes Nucléaires Stop.

Séance en Assemblée générale sur le sujet particulier du désarmement nucléaire.

La France rappelle son credo :  » Le désarmement nucléaire ne peut se faire qu’étape par étape, à travers une succession de gestes concrets et progressifs. C’est la seule démarche efficace ; c’est celle du plan d’action de 2010 adopté par consensus. Certaines initiatives récentes, en revanche, conduites dans des enceintes parallèles, privilégient des approches dogmatiques, qui font naître des attentes irréalistes et détournent de la recherche de mesures concrètes tenant compte du contexte stratégique réel. Elles ne font que fragiliser le plan d’action et le processus d’examen du TNP qui nous réunit ici et ne tiennent pas compte des contraintes de sécurité « .

Ce discours martelé à chaque intervention est intéressant sur de nombreux points. Mentionner le plan d’action de 2010 que la France n’a quasiment pas respecté est une façon très diplomatique de nier la réalité. Les « initiatives conduites dans des enceintes parallèles » sont les conférences sur les conséquences humanitaires, mais le mot lui même ne doit pas être prononcé tellement le projet est détesté…. Enfin il est noté deux fois dans ce court paragraphe le mot « concret », qui veut faire croire que la proposition de Traité d’interdiction des armes nucléaires n’a aucune répercussion pratique.

Le « plan d’action de 2010 » prévoyait 22 mesures de désarmement à mettre en œuvre avant 2015. Le jugement des États non-nucléaires et des ONG est clair : ces engagements n’ont pas été honorés. Mais la diplomatie française écrit « sa réalité » en contradiction flagrante avec les faits.

Exemple sur la réduction de l’état d’alerte. La Suisse est intervenue au nom du « de-alerting group », le groupe d’États qui demande la diminution de l’état d’alerte des forces nucléaires. Un bon point est souligné : dans leurs rapports sur les actions menées depuis 2010, les États nucléaires mentionnent le problème de l’état d’alerte. Mais un mauvais point suit immédiatement : aucun changement sur le niveau d’alerte ne peut être noté : 2000 bombes sont toujours en état d’alerte avec une possibilité de frappe en quelques minutes. Pour la France et le Royaume-Uni, il est vrai que ce délai est plutôt de quelques heures… mais encore une fois, rien de nouveau depuis 2010.

La diplomatie des pays nucléaires a conscience de la difficulté à présenter de « nouvelles mesures depuis 2010 ». D’où les présentations de longs rapports qui reprennent toutes les anciennes mesures. Pour les États nucléaires, les arsenaux ont atteint leur « minimum de stricte suffisance ». Chacun l’a rappelé dans son intervention.

Une petite lueur d’espoir. Dans la présentation ce matin de l’Union européenne, il est exprimé une demande d’efforts à ses deux États nucléaires : « nous soulignons la nécessité pour la France et le Royaume-Uni de prendre des mesures concrètes de réduction de leurs arsenaux nucléaires ». Et une mention timide qu’il n’existe pas qu’un seul point de vue : « certains États de l’Union souhaitent qu’il soit abordé le sujet des conséquences humanitaires« . Une timide, très timide, critique.

Les interventions de ce jour sont sur :

http://papersmart.unmeetings.org/en/secretariat/unoda/npt/third-session-of-the-preparatory-committee-2014/agenda/6/cluster-1/

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